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Sénégal pratique
Futur pôle d'attraction de l'investissement en Afrique de l'Ouest Le Sénégal est un petit pays côtier situé sur l'avancée la plus occidentale de l'Afrique de l'Ouest. Avec un marché en pleine expansion, des ressources humaines de qualité, une économie en croissance ininterrompue depuis sept ans, il compte devenir le premier pôle de développement dans cette partie du continent africain. L'objectif est certes ambitieux, mais le pays regorge d'atouts, dont la remarquable stabilité politique n'est pas la moindre.
C'était un véritable parcours du combattant. Il fallait près de trois mois à un investisseur pour remplir les formalités administratives nécessaires pour démarrer son projet au Sénégal. Aujourd'hui, le délai a été ramené à deux semaines. Cette belle prouesse a été réalisée en l'espace d'un an par le Guichet unique de l'Agence chargée de la promotion des investissements et des grands travaux (Apix).

L'Apix est un nouvel instrument de promotion des investissements, né après l'alternance démocratique en avril 2000. Le président de la République, Abdoulaye Wade compte sur cette agence pour porter le taux d'investissement
du pays à un niveau de 30 % en moins de dix ans. Et atteindre un taux de croissance durable de 7 % du PIB par an. Bref, faire du Sénégal un pays émergent. C'est un objectif réalisable. Le travail a déjà commencé par un lifting de l'image du Sénégal. Image, jamais écornée que celle du Sénégal, l'un des rares pays africains à pouvoir se targuer d'une réputation de tradition démocratique. Le Sénégal dispose en plus d'atouts qui lui permettent d'aspirer à son futur rang de nation émergente.

Une stabilité, un savoir-faire…

Le Sénégal est un pays de droit, reconnu pour sa stabilité politique. Le pays n'a jamais connu de coup d'Etat, fait rare en Afrique. Au mois de mars 2000, le président Abdoulaye Wade accédait au pouvoir après des élections transparentes et sans heurts. C'est dire que le pays comporte un risque politique très faible. L'absence de tensions socio-politiques a permis au Sénégal d'accumuler un capital humain appréciable, qui fera certainement la différence au cours de ces prochaines années.

En effet, le Sénégal dispose de ressources humaines de qualité, issues d'institutions académiques et professionnelles performantes du pays et formées dans les universités et les grandes écoles les plus prestigieuses du monde. En témoignent les contrats internationaux que certaines des PME high tech parviennent à décrocher dans le domaine pointu et concurrentiel des Nouvelles technologies.

Le pays compte encore accroître son effort en matière d'éducation. Sur cette décennie, les pouvoirs publics vont consacrer près d'un milliard de dollars à la formation et à l'éducation. L'objet visé : l'éducation de qualité pour tous.

…Un don de la nature et des infrastructures modernes

Outre ces ressources humaines de qualité, le Sénégal dispose

d'infrastructures physiques, qui n'ont parfois rien à envier à celles des pays industrialisés. Dans le domaine des télécommunications, le Sénégal peut se vanter d'avoir un des réseaux les plus performants en Afrique, entièrement numérisé et avec les tarifs internationaux les plus bas. Ce qui pourrait faire du pays l'un des futurs pôles d'attraction en matière de nouvelles technologies en Afrique.

Dakar, capitale administrative et économique du Sénégal est située sur la pointe occidentale de l'Afrique, au carrefour des grandes routes maritimes. Grâce à sa position géographique sur l'océan Atlantique, aux portes de l'Europe et de l'Amérique, elle ambitionne de faire de son port, la principale destination sur la Côte ouest africaine, mais également une référence incontournable au niveau mondial.

L'effort de modernisation concerne toutes les infrastructures physiques (énergie, eau, routes). Un vaste programme de stratégies sectorielles dans le transport, l'énergie et l'hydraulique est en train d'être mené avec l'appui de la Banque mondiale et d'autres bailleurs de fonds pour accroître l'efficacité et la qualité de ces infrastructures.

Un climat favorable aux affaires

L'intervention de la Banque mondiale dans un grand nombre de projets sectoriels est un bon indicateur de la marque de confiance des bailleurs de fonds pour le pays. Le Sénégal s'est résolument tourné depuis une décennie vers une politique économique libérale. Ouverture des marchés, privatisations, promotion du secteur privé et de la concurrence, assainissement des finances publiques… constituent les bases de la relance économique du pays.

Résultat : 5 % de croissance en moyenne du PIB par an, depuis sept ans et une inflation maîtrisée, moins de 3 % de taux d'inflation par an. Les efforts effectués en matière de politique économique offrent les perspectives d'un renouveau sur le plan de l'offre et de l'investissement. Ces efforts sont soutenus par un environnement institutionnel cohérent.

En effet, l'infrastructure réglementaire et juridique mise en place au Sénégal est digne de celle d'un pays tourné vers l'économie de marché. Le droit des affaires est régi par le Traité de l'Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires en Afrique (Ohada). C'est un droit moderne, qui vise la sécurité juridique des entreprises. Le pays a également installé depuis 1999 un Centre d'arbitrage, de conciliation et de médiation pour renforcer la législation et proposer des procédures rapides de règlement des litiges économiques.

Les lourdeurs administratives rencontrées par les promoteurs sont allégées grâce à l'Apix, qui appuie l'investisseur dans toutes les formalités à remplir. Outre l'assistance de l'Apix, l'investisseur peut bénéficier des avantages du Code des investissements et du statut de l'Entreprise franche d'exportation. Ces deux régimes spécifiques offrent aux promoteurs dans les principaux secteurs d'activité, des conditions d'exercice très favorables (exonérations fiscales, rapatriements de bénéfices, flexibilité du Code du travail…).

Last but not least. L'entreprise est accompagnée par des services bancaires et financiers de classe internationale. Le franc CFA, monnaie stable et arrimée à l'Euro y a cours légal.

Un marché potentiel de 70 millions de consommateurs

Le Sénégal compte 10 millions de consommateurs potentiels. Un petit pays certes, mais dont la demande croît de 7 % en moyenne par an depuis 5 ans. Le potentiel du marché est plus grand si on sait que le Sénégal appartient à à Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), qui regroupe huit Etats de 70 millions d'habitants. L'Uemoa est un vaste marché commun mis en place en janvier 1994, avec un Tarif extérieur commun, une monnaie unique, le franc CFA, une législation harmonisée et des politiques sectorielles communes. Le succès de l'intégration régionale de l'Uemoa, offre aux entreprises installées au Sénégal des perspectives d'un marché plus lucratif.

A part l'Uemoa qui représente 15 % de son commerce international, le partenaire privilégié du Sénégal est l'Europe, notamment la France. Pour autant le Sénégal essaie d'élargir son marché vers l'Amérique. L'Agoa, la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique offre dans ce cadre une formidable opportunité. Le Sénégal a obtenu son visa Agoa cette année. Ce qui permet à ses entreprises de bénéficier à l'exportation vers les Etats-Unis de facilités décisives contre la concurrence.

Une offre diversifiée

La diversification des marchés pourrait accroître les exportations et réduire le déficit commercial du pays, marqué par une hausse constante des importations. Les importations du Sénégal sont essentiellement composées de biens d'équipements, de céréales, de produits alimentaires et pétroliers et de biens intermédiaires.

Bien qu'il existe un tissu industriel relativement important, l'un des plus denses en Afrique de l'Ouest, l'offre dépend fortement de l'évolution du secteur primaire. L'agriculture, une de ses composantes, fait vivre plus de 60 % de la population. Elle est dominée par la production arachidière, qui constitue la principale rente agricole.

La nouvelle stratégie gouvernementale est en train de mettre l'accent sur des spéculations plus rémunératrices (culture florale, haricot, coton, riz, culture maraîchère …). Cette option permet de diversifier l'offre sénégalaise en matière agricole et de réduire la dépendance à la demande internationale de l'arachide.

L'agriculture est en amont d'une bonne partie du secondaire, qui représente 20 % du produit intérieur brut. Il s'agit de l'agro-industrie composante importante du secteur secondaire, qui regroupe notamment l'industrie minière (phosphates, engrais, acide phosphorique, or, ciment, fer…) et des PME dans l'industrie légère.

Toutefois, le secteur tertiaire a été le véritable moteur de la croissance durant ces dernières années. Son dynamisme, notamment dans le transport, les télécommunications et le tourisme, a porté l'économie sénégalaise. L'industrie touristique est avec la pêche le principal pourvoyeur de devises du Sénégal. Elle représente plus d'une centaine de milliards de francs de recettes et enregistre en moyenne, 500.000 entrées par an. Ce potentiel touristique est loin d'être épuisé. Une offre plus cohérente pourrait doubler les visites au Sénégal. D'ailleurs, les capacités d'accueil sont en croissance constante. Actuellement, le secteur tertiaire représente près de 40 % du PIB. A ce rythme, le Sénégal pourrait devenir dans le futur l'un des principaux pôles de services en Afrique.

De grands projets pour entrer dans le millénaire

Faire du Sénégal le premier pôle d'attraction de l'investissement dans l'Uemoa, implique une forte capacité de mobilisation des pouvoirs publics. Atteindre un tel objectif nécessite également une augmentation de l'attrait qu'exerce le pays. Les autorités l'ont compris en misant sur des projets d'infrastructures qui pourraient redéfinir la qualité de la destination Sénégal. Il s'agit de la construction d'un nouvel aéroport international, de l'extension et de la modernisation du Port de Dakar, d'un meilleur accès aux autres Etats de l'Uemoa par la modernisation de la voie ferrée Dakar-Bamako, des complexes immobiliers, une autoroute à péage. Ces projets seront financés grâce au BOT. Une façon de dire aux investisseurs que la porte est ouverte. Il ne reste qu'à saisir les opportunités.

Source : Le Journal de l'Economie
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